LES ORIGINES PRESUMEES DU BOUDIN BLANC
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Si l'on recherche dans les
mémoires de notre gastronomie française la première apparition
du boudin blanc dans la forme qu'on lui connaît aujourd'hui,
c'est au XVIIe siècle qu'il nous faut nous arrêter. Pourtant, il
semble que c'est au Moyen-Age que l'aventure du boudin blanc
prend sa source.
En ces temps où la cuisine
offrait un festival de saveurs épicées, on avait l'habitude de
déguster une bouillie de lait avant le repas de Noël. Cette
bouillie blanche se servait chaude.
Il faudra attendre le XVIIe
siècle pour qu'un cuisinier ait l'idée de servir cette
préparation dans du boyau de porc afin de la rendre plus
présentable et digne d'être servie à la table des gens de
fortune. Que cette origine du boudin blanc soit historiquement
véridique ou pas, il nous faut remarquer que le boudin blanc est
depuis fort longtemps traditionnellement servi à Noël, en début
de repas! |
QU'EST-CE QUE LE BOUDIN BLANC ?
Dans l'ouvrage La
charcuterie en France (tome 2) -Édition 1956 de René Pallu- on note
la définition suivante du boudin blanc: "On désigne communément sous le
nom de "boudin blanc" une préparation cuite ou micuite de charcuterie
fine, souvent truffée, de couleur absolument blanche, embossée en menu
de porc et rappelant par sa forme le boudin noir classique en chapelet.
(...) Les éléments de base entrant dans la composition du boudin blanc
sont respectivement: une viande maigre blanche (volaille, gibier, veau,
porc), une matière grasse (crème, beurre, gras de porc), une substance
liante (panade, lait, œuf)."
Le boudin blanc est
un produit de charcuterie qui se compose d'un mélange de farces de
différentes viandes et de panade (lait, mie de pain s'il y a,
ingrédients amylacés). Contrairement à son acolyte le boudin noir, ou
boudin rouge, il ne contient pas de sang.
Selon le code de la
charcuterie française, ne peuvent entrer dans la composition du boudin
blanc que les viandes blanches et le gras, des œufs, du lait, de la
crème, du sel, des sucres, des épices, des aromates et es farines ou
substances amylacées, c'est à dire contenant de l'amidon.
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La
proportion d'amidon ne doit pas dépasser 5 % du poids total du
produit. Si tel est le cas, la mention "féculé" ou "amylacé"
doit apparaître à l'étiquetage.
On peut
joindre à la composition de base du boudin blanc des échalotes,
du persil, du laurier, du thym, des clous de girofle, de la noix
de muscade, des oignons, des carottes, des châtaignes, des
champignons (truffes ou champignons forestiers), du foie gras,
des alcools comme le Porto ou le madère au gré de nos goûts et
envies.
Certaines
préparations se teintent d'originalité avec un ajout de
cannelle, d'eau de fleur d'oranger, de vanille ou de kirsch.
Avis aux amateurs! |
Mais quelles que
soient ses origines géographiques ou sa composition, le boudin blanc
reste et restera un produit de fabrication artisanale, porté haut par
des charcutiers qui le produisent depuis plusieurs générations.
Chacun garde son
petit secret de fabrication pour offrir aux gastronomes ce qu'il y a de
meilleur. Que tout le monde soit heureux!
OU FABRIQUE-T-ON LE BOUDIN BLANC ?
| Le boudin
blanc, s'il est une tradition dans plusieurs régions de France
et particulièrement dans les Ardennes, n'est pas une exclusivité
française. On peut aussi en déguster dans certains pays d'Europe
du Nord, de composition souvent différente du boudin blanc
français. On peut citer parmi les plus connus: |
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La weisswurst allemande, une
saucisse blanche à base de veau, d'œufs et de crème. Son aspect est
très proche du boudin blanc français. La weisswurst se déguste
généralement sur du pain de seigle avec de la moutarde.
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Le white pudding, spécialité du
Lancashire en Irlande. Le white pudding se consomme au petit
déjeuner, froid, grillé, ou encore étalé sur une tranche de pain.
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Le boudin blanc de Liège, ce très
célèbre boudin blanc belge est un pur produit artisanal, de grande
qualité, à base de viande de porc de premier choix. Des matières
amylacées entrent dans sa composition. La particularité du boudin de
Liège tient dans son subtil goût de marjolaine.
Précisons qu'en
Belgique, de nombreux charcutiers fabriquent du boudin blanc artisanal
de qualité.
En France, plusieurs
villes se sont approprié le boudin blanc et en ont fait une spécialité
selon les produits typiques de leur terroir. On compte parmi
les boudins blancs dégustés en France :
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Le boudin blanc havrais : cette
très ancienne spécialité normande se compose uniquement de gras de
porc, de lait, d'œufs entiers, de mie de pain et de farine. Il ne
contient pas de viande et se rapproche de la bouillie de lait
consommée au Moyen-Age. On raconte que sa recette a été mise au
point par des moines trouvant ainsi une astuce pour déguster le
vendredi un mets appétissant mais ne contenant pas de viande.
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Le boudin blanc d'Essay : en Basse-Nonnandie, ce boudin
blanc est fabriqué à base de jambon de porc frais, de lait entier,
d'œufs frais et d'aromates divers. Il se déguste grillé plutôt que
cuit à la poêle.
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Le boudin blanc du Mans : seuls
la viande et le gras de porc entrent dans sa composition, tout comme
le boudin blanc de Rethel. Il s'en différencie par l'ajout de persil
haché et d'oignon.
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Le boudin blanc de Toulouse : se
compose de blanc de volaille, de viande de porc et d'au moins 20 %
de foie gras de canard ou d'oie. Ce très ancien boudin peut être
aromatisé à la truffe et au cognac.
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Le boudin blanc du Quercy : on
utilise dans ce boudin blanc amylacé uniquement la joue de porc. La
truffe entre également dans sa composition.
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Le boudin blanc catalan : cette
spécialité des Pyrénées Orientales est un boudin blanc très riche
en œufs et en herbes. Il ne contient aucune substance amylacée.
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Le malsat : ce boudin blanc est
une spécialité autrefois fabriquée dans les fermes du Sud-ouest. Il
se compose de poitrine de porc, de chair à saucisse, de panade aux
œufs, le tout lié à la mie de pain. Le malsat peut être aromatisé
aux herbes.
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La bougnette de Castres : elle se
fabrique et se déguste dans le Tarn. Sa composition se rapproche de
celle du malsat avec de la poitrine de porc et une panade fortement
dosée en herbes. La bougnette de Castres est enveloppée d'une
crépine et se cuit traditionnellement au four.
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Le coudenou de Mazamet : cette
autre spécialité du Tarn se distingue des autres boudins blancs par
sa consistance un peu croquante. La farce se compose essentiellement
de couennes et la panade servant de liant est riche en œufs.
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Le boudin blanc à la Richelieu : ce
boudin blanc n'est pas une spécialité régionale mais plutôt une
manière spécifique de préparer et présenter le boudin blanc. Dégusté
dans toute la France, il ne contient pas de viande de porc mais des
filets et foies crus de volaille, du maigre de veau et du foie gras
cru. Il se caractérise par sa présentation en petits rectangles
enveloppés de crépines et parsemés de truffes.
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